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    La bibliomule de Cordoue

    • De Wilfrid Lupano et Léonard Chemineau
    • Chez Dargaud
    • Date de parution : novembre 2021

    Présentation

    Voilà près de soixante ans que le califat est placé sous le signe de la paix, de la culture et de la science. Le calife Abd el-Rahman III et son fils al-Hakam II ont fait de Cordoue la capitale occidentale du savoir.
    Mais al-Hakam II meurt jeune, et son fils n’a que dix ans.

    L’un de ses vizirs, Amir, saisit l’occasion qui lui est donnée de prendre le pouvoir. Il n’a aucune légitimité, mais il a des alliés. Parmi eux, les religieux radicaux, humiliés par le règne de deux califes épris de culture grecque, indienne, ou perse, de philosophie et de mathématiques. Le prix de leur soutien est élevé : ils veulent voir brûler les 400 000 livres de la bibliothèque de Cordoue. La soif de pouvoir d’Amir n’ayant pas de limites, il y consent. 

    La veille du plus grand autodafé du monde, Tarid, eunuque grassouillet en charge de la bibliothèque, réunit dans l’urgence autant de livres qu’il le peut, les charge sur le dos d’une mule qui passait par là et s’enfuit par les collines au nord de Cordoue, dans l’espoir de sauver ce qui peut l’être du savoir universel.

    Rejoint par Lubna, une jeune copiste noire, et par Marwan, son ancien apprenti devenu voleur, il entreprend la plus folle des aventures : traverser presque toute l’Espagne avec une « bibliomule » surchargée, poursuivi par des mercenaires berbères.

    Cette fable historique savoureuse écrite par Wilfrid Lupano (Les Vieux Fourneaux, Blanc Autour, …) et servie par le trait joyeux de Léonard Chemineau (Le Travailleur de la nuit, Edmond, …), fait écho aux conflits, toujours d’actualité, entre la soif de pouvoir et la liberté qu’incarne le savoir.

    Le petit mot de Nathalie

    Cela fait longtemps que je ne vous ai pas parlé d’une bande dessinée !

    J’ai terminé la lecture de la bibliomule de Cordoue ; un vrai régal…

    L’objet d’abord : c’est un livre qui fleure bon le beau livre. La tranche est teintée de bleu, il y a un signet, la couverture est soignée, le papier des pages de garde est décoré… Les reproductions de calligraphies, les couleurs, les dessins sont doux, tendres, drôles, très légèrement surannés pour juste ce qu’il faut de nostalgie et aussi étonnamment modernes.

    Bref  sans l’avoir lu, j’étais conquise ! Sûrement ma passion déjà ancienne des beaux livres, de l’attention que l’on porte à leur fabrication… un retour dans mes jeunes années quand j’apprenais, très modestement, la reliure et la typographie à Estienne.

    L’histoire maintenant :

    Elle se déroule à Cordoue à la fin du Xème siècle. Le Vizir Al- Mansur veut gouverner à la place du calife et pour ce faire, il décide de brûler les livres. Il n’a pas été, n’est pas et ne sera sûrement pas le dernier à craindre le pouvoir et l’importance de la connaissance et du savoir – donc forcément des livres.

    Dès lors, on suit Tarid le bibliothécaire de la grande bibliothèque des Califes qui, à l’aide d’une mule, d’une esclave copiste et d’un petit voleur, va tenter, envers et contre – presque – tous, de sauver des livres…

    Les personnages sont attachants, drôles, courageux et parfois totalement démunis face à la bêtise. La mule tient un rôle essentiel dans leur périple aux multiples dangers ; butée et décourageante comme il se doit pour toute mule qui se respecte.
    C’est une bande dessinée à lire en famille : on y apprend une partie de l’histoire de Cordoue, on découvre  la dynastie des Omeyyades et on s’amuse…

    Surtout, tout en se laissant emporter par l’histoire et ses personnages, on re-questionne notre rapport aux livres, au savoir, à ce qui tente, aujourd’hui, de remplacer le Livre. Pour notre bien ? Vraiment ?…

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